JULIETTE FOLVILLE
1870 – 1946 | BELGIQUE
« Femme supérieure, musicienne d’élite, pianiste, violoniste, compositrice de prime »
Lettre de Marguerite Radoux à Juliette Folville, 11 septembre 1896
JULIETTE FOLVILLE (1870-1946)
Liège, 5 janvier 1870 – Dourgne, 28 octobre 1846
Pianiste, violoniste, compositrice et pédagogue
par Fauve Bougard
Juliette Folville se fait d’abord connaître comme enfant prodige au violon et au piano dans les réseaux de concerts de charité de la région de Liège. En plus de son activité d’interprète, elle se met rapidement à la composition. En 1889, elle est la première femme à tenter de participer au concours du prix de Rome belge mais renonce faute d’accomodations idoines. En 1890, la mort de son père la pousse à se consacrer à l’interprétation et à l’enseignement, ce qui réduit significativement son activité de compositrice. Elle n’en est pas moins l’autrice de nombreuses oeuvres dont plusieurs concertos, suites pour orchestre et un opéra, Atala, créé à Lille en 1892. Le déclenchement de la Première Guerre Mondiale l’amène à s’installer en Angleterre où elle reste jusqu’au décès de sa mère en 1930. Très religieuse et proche des chanoinesses de Jupille-sur-Meuse, c’est parmi elles qu’elle passe les dernières années de sa vie, participant activement à la vie musicale du couvent comme musicienne et compositrice, avant de fuir une nouvelle fois la guerre à Dourgne.
BIOGRAPHIE
Juliette Folville naît à Liège le 5 janvier 1870, dans une famille bourgeoise mélomane et musicale : son père, Jules Folville, est avocat et pianiste amateur tandis que sa mère, Émilie Ansiaux, est une interprète appréciée du directeur du Conservatoire, Jean-Théodore Radoux. Contrairement aux habitudes de l’époque, c’est son père qui l’initie au piano et se charge de son éducation musicale, puis de la carrière d’interprète qu’elle entame dès l’âge de huit ans. Elle se forme en parallèle au Conservatoire royal de Liège où elle intègre les classes de piano, de violon et d’écriture, sous le regard du directeur et ami de la famille Jean-Théodore Radoux.
La jeune musicienne se fait d’abord connaître dans le milieu mélomane liégeois, à travers sa participation à diverses soirées privées et concerts de charité organisés dans la région mosane. Le « phénomène Folville », comme l’appellent certains, bénéficie du goût de l’époque pour les jeunes prodiges. Cette carrière de soliste se double alors déjà d’une activité de compositrice, rendue possible par des conditions socio-économiques privilégiées : une première sonatine pour piano, justement intitulée Souvenir de Mozart, est publiée dès 1881 par la maison d’édition liégeoise Veuve Muraille. Deux recueils Chants printaniers, publiés en 1883 et 1884, basés sur des vers du français Paul Collin et dédicacés à Jules Massenet, la font connaître de l’autre côté de la frontière. Impressionné, Massenet déclare à propos de l’œuvre : « quel printemps ! et quel été cela nous promet !1 ».
La rencontre de Folville avec la Comtesse Louisa de Mercy-Argenteau au milieu des années 1880 marque durablement sa carrière musicale. La Comtesse, bientôt adoubée « Marraine » musicale, se prend d’affection pour la jeune musicienne : elle s’attache à promouvoir son œuvre en Belgique et à l’étranger et l’accueille à plusieurs reprises dans sa demeure d’Argenteau pour des « séjours de travail ». Grâce à la Comtesse, Folville découvre la musique russe du Groupe des Cinq et fait la connaissance d’Alexandre Borodine et César Cui. Elle entretiendra avec ce dernier une abondance correspondance artistico-amicale jusqu’à son décès en 1918.
Comme pour nombre de femmes, le réseau de soutien et de collaboration qui se construit autour de Folville à partir des années 1880, incluant des personnalités comme Radoux, Massenet, Collin, Mercy-Argenteau, Cui, Oscar Comettant et bien d’autres, joue un rôle essentiel dans le développement de sa carrière d’interprète et de compositrice. C’est notamment sur les encouragements de Radoux et de Cui qu’elle cherche à prendre part au concours du prix de Rome belge dès 1889. L’affaire bouscule l’Académie qui ne sait que faire de la demande de cette jeune compositrice : « Le règlement permet-il d’admettre une jeune femme à concourir ? Grave question, que les doctes académiciens, consultés par le ministre, ont été plusieurs heures à débattre et qu’ils ont fini par résoudre affirmativement, – faute de textes exprimant… le contraire2 ».
Si la demande de participation de Folville est acceptée, faute d’interdiction réglementaire, sa seconde demande concernant les conditions de mise en loge du concours – elles demande à être accompagnée de sa mère comme chaperon – est finalement refusée au prétexte de préserver l’équité entre les candidat·es. Les difficultés entourant l’organisation de sa participation, notamment en terme de morale, découragent Folville qui décide d’abandonner ses prétentions au concours, comme Juliette Toutain le fera en France en 1903.
Les décès successifs de Louisa de Mercy-Argenteau et de Jules Folville en novembre 1890 représentent en coup dur pour la musicienne. Celle-ci perd non seulement deux de ses principaux soutiens, mais les dettes laissée par son père la forcent à se concentrer d’avantage sur les activités plus lucratives d’interprète et de pédagogue pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère : sa correspondance la montre se promouvant activement auprès de divers impresarios et salles de concert tant en Belgique qu’à l’étranger. Malgré les difficultés, elle peut compter sur le soutien de son réseau, notamment de Jean-Théodore Radoux qui l’engage régulièrement comme concertiste et cheffe d’orchestre au Conservatoire royal de Liège, et pour lequel elle réalise également divers travaux de rédaction, traduction, composition pour les concours, etc. Elle intègre divers ensembles instrumentaux (Quatuor liégeois, Quatuor Charlier) avec lesquels elle donne de nombreuses séances de musique de chambre. Le tournant du siècle marque notamment le début de son intérêt pour la musique ancienne, l’interprétation historique et l’histoire de la musique : Folville organise des séances de musique ancienne dans lesquelles elle tient le clavecin ainsi qu’un « Séminaire d’histoire de la sonate ancienne & moderne », en collaboration avec le violoniste Léopold Charlier.
Bien qu’elle parviennent à achever son opéra Atala en 1891, et à le faire représenter à Lille (1892) et à Rouen (1893), l’activité de compositrice de Folville ralentit considérablement dans les années 1890, faute de temps. En 1894, le compositeur César Cui l’encourage à persévérer dans son travail créatif :
« Composez en tram et dans le train, et quand une idée heureuse Vous viendra, inscrivez-là tout de suite sur un agenda que Vous aurez toujours sur Vous. Et quand la possibilité de travailler viendra enfin, Vous y trouverez une mine inépuisable d’idées […] Vous êtes jeune, Vous pouvez attendre. Je suis persuadé qu’enfin un entrepreneur intelligent et sûr surgira, qui s’emparera de Vous, organisera une série de concerts en Europe et en Amérique et fera sa fortune et la Vôtre. Soyez toujours prête et attendez. Et quand la possibilité de composer se présentera – fêtes de Noël, vacances d’été, – Vous verrez, grâce à Votre agenda, comme ça ira bien et vite3 ».
De même, Radoux l’enjoint à ne pas laisser la composition disparaître sous le travail : « Il ne faut pas que le professeur absorbe tout le reste, je ne le veux pas !!!4 » ; plusieurs des œuvres de Folville sont d’ailleurs créées au Conservatoire. La correspondance de la compositrice laisse néanmoins entrevoir sa frustration croissante face à une situation financière instable et l’impossibilité de se consacrer à la composition. Dans une lettre particulièrement véhémente datée de mars 1900, elle s’insurge ainsi des remarques de Radoux sur son absence à un récent concert :
« Pensez-vous donc que ce soit de gaieté de cœur que je me prive de la jouissance d’entendre un chef d’œuvre merveilleusement exécuté ?
En dehors de ce désir, inné dans toute âme d’artiste, d’admirer un monument de l’art, n’aurai-je pas même selon vous le goût banal d’une « amateur » pour « entendre de la musique » ?
Et croyez-vous que même perspective d’assister à une brillante exécution, n’est pas plus attrayante pour une femme de mon âge, que celle de se coucher brisée de fatigue ?
Oui, brisée de fatigue, et vous devez assez me connaître pour savoir que sous la plume d’une lutteuse comme moi, ces mots ne signifient pas le bâillement d’un être sans courage, mais bien l’épuisement d’une créature qui donne quotidiennement plus que ses forces, et joue avec sa santé, de l’avis même du médecin.
Et cela, non pas par âpreté du gain : sans doute, je donne des leçons, et Dieu sait si j’aspirai à mieux que cela ! Mais puisqu’il faut vivre ! Mais jamais je n’ai hésité devant aucun sacrifice pour faire de l’art quand même, et vous seriez étonné de constater le nombre de journées entières de leçons que j’ai supprimées, les centaines de francs perdus, et perdus volontiers, pour pouvoir travailler et me préparer à me produire d’une manière digne du Conservatoire et de moi. […]
Rien d’étonnant à ce que j’arrive à un pareil état de fatigue étant donné la vie que je mène depuis le mois d’Octobre, avec un horaire de travail écrasant qui ne me laisse pas une minute de répit de 7h du matin à 11hrs du soir, et cela tous les jours que Dieu donne…
Un effort isolé n’est rien, mais cette lutte de tous les jours est épuisante. Et je m’en réjouissais, à l’idée qu’elle ne serait pas trop longue, si je ne devais vivre pour ma pauvre mère.5»
Heureusement pour Folville, la fin de la décennie marque le retour d’une certaine stabilité : elle est engagée comme professeure-adjointe de piano au Conservatoire royal de Liège en 1897 avant d’être promue au rang de professeure « demoiselles » en 1900. Ce poste permanent vient compléter utilement les revenus engendrés par son enseignement au pensionnat des Chanoinesses de Jupille et lui permet de s’installer durablement à Liège. Grâce à cette stabilité financière, Folville peut également se consacrer plus régulièrement à la composition et plusieurs œuvres orchestrales voient le jour dans les années qui suives, parmi lesquelles le Concertstück pour violoncelle connaît le plus grand succès.
L’éclatement de la Première Guerre mondiale pousse Folville à sa réfugier en Angleterre avec sa mère : d’abord à Londres, puis à Bournemouth. Dans un premier temps, Folville s’intègre au réseau des réfugié·es belges installé·es à Londres et participe aux nombreux concerts de charité organisés durant les années de guerre. Après la guerre, l’âge avancé de sa mère la convainc de rester en Angleterre : elle reprend ses activités d’enseignante et de concertiste à Bournemouth où elle collabore étroitement avec le chef d’orchestre Dan Godfrey, le Bournemouth Orchestra et la radio locale.
Le décès d’Émilie Folville en 1929 signale le retour de Juliette Folville en Belgique. En 1932, elle rejoint le monastère des Chanoinesses de Jupille-sur-Meuse avec lequel elle avait maintenu d’étroits contacts pendant son séjour britannique. Le retour de Folville est l’occasion pour plusieurs organisation musicales locales de célébrer l’œuvre de l’enfant du pays lors de concerts dédiés, organisés tout au long des années 1930. Fervente catholique, la compositrice libérée de ses obligations mène une vie quasi-monastique, enseigne et étoffe son catalogue de compositions avec nombre de pièces religieuses destinées aux services du monastère et du pensionnat. C’est dans ce contexte qu’elle fait la connaissance de la famille Firket dont la fille, Monique Firket, une de ses principales élèves, réunira et conservera les archives de Juliette Folville après son décès.
En 1940, la Seconde Guerre mondiale donne, une fois encore, le signal du départ. Folville s’installe à Dourgne, en France. Malgré ses 70 ans, la musicienne s’investit énergiquement dans la vie musicale locale : concerts, enseignement et tenue de l’orgue de l’église occupent son temps ; elle est également une visiteuse régulière de l’Abbaye d’En Calcat. La guerre terminée, Folville envisage le retour au pays mais la maladie, puis son décès le 28 octobre 1946 mettent un terme à ce projet. Le 11 novembre 1947, Monique Firket organise à Liège un grand concert hommage à « cette toute grande artiste de chez nous qui, par de multiples manifestations de son rare talent, demeure une gloire de la musique belge6 ».
Juliette Folville n’était pas une innovatrice ; néanmoins, son style et son catalogue attestent de sa maîtrise des pratiques compositionnelles et orchestrales de son temps, ainsi que d’un réel talent pour l’art musical. L’influence de compositeurs français comme Jules Massenet, Charles Gounod et Benjamin Godard est évidente dans ses œuvres de jeunesse, particulièrement dans son opéra Atala. Les œuvres plus tardives laissent entrevoir l’intégration d’une l’harmonie post-Franckiste, teinte d’une modalité rappelant l’école Russe et la musique de Borodine, son « parrain » musical dont l’influence perdure dans ses œuvres de maturité. Malgré ce qui pourrait être perçu comme des limitations esthétiques, ou du moins un certain traditionalisme, l’œuvre de Folville contient nombre de pièces qui méritent d’être redécouvertes.
SOURCES
- Lettre de Jules Massenet à Juliette Folville, 15 juillet 1883, B-Lg-FF, sans cote ↑
- Lucien Solvay, « Correspondance de Belgique », Le Ménestrel, vol. 55, n°29, 21 juillet 1889, p. 229 ↑
- Lettre de César Cui à Juliette Folville, 7 décembre 1894, Archives du Musée de la Littérature, ML 2217/85. ↑
- Jean-Théodore Radoux to Juliette Folville, 25 August 1901, Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège, Varia, box 11.↑
- Lettre de Juliette Folville à Jean-Théodore Radoux, 12 mars 1900, B-Lc, Varia, boîte 11.↑
- S.n., « La vie musicale à Liège », La Meuse, 31 octobre 1947, p. 4 ↑
BIBLIOGRAPHIE
- Fauve Bougard, Juliette Folville (1870-1946) : une pionnière dans le milieu musical belge, Bruxelles, Université des Femmes, 2020.
- Adélie Vandenbranden, L’emploi de la métaphore dans la pédagogie écrite du piano : Étude des leçons de Juliette Folville à son élève Monique Firket sur la période 1940-1946, mémoire de master, Université libre de Bruxelles, 2025.
PRESSE
Le Siècle, 9 mai 1887
« J’ai eu, il y a quelques mois, l’occasion de parler à cette place de Mlle Juliette Folville, née à Liège qui, dans un salon particulier, s’est produite pour la première fois à Paris, sous son triple aspect de pianiste, de violoniste et de compositeur. La réunion était nombreuse et brillante : des amateurs distingués, des critiques musicaux, des professeurs du Conservatoire et quelques célèbres individualités en tête desquels notre illustre maître Ambroise Tomas, Benjamin Godard, Marmontel, Sivori, etc.
Mlle Folville – seize ans – est une organisation musicale hors ligne et avant même qu’on ne l’entende on se sent attiré vers elle par sa nature droite, son maintien simple et modeste sans qu’elle ait rien de cette timidité qui vient toujours chez l’artiste un peu de la conscience de son infériorité relative.
Le front est pur, vaste, réfléchi, et rappelle celui de la célèbre tragédienne Rachel. Le regard est doux, profond et parfois le rayon d’un foyer intérieur l’éclaire d’une admirable expression.
Quan[d] elle eut joué le concerto de Chopin avec un mécanisme rare et un sentiment poétique souverain, ce fut un soulèvement de bravos universels. Puis elle prit son violon et exécuta un concerto de maître en virtuose accomplie et en grande musicienne. L’étonnement grandit. Il augmenta encore et se manifesta par les marques du plus vif enthousiasme quand on entendit des compositions vocales et instrumentales de cette extraordinaire enfant. Ambroise Thomas, notamment, lui serra les mains affectueusement, lui prodigua les compliments et lui prédit une brillante carrière. Il voulut la voir le lendemain, au Conservatoire, où elle lui communiqua quelques-unes de ses œuvres orchestrales que le grand maître examina avec beaucoup d’intérêt et dont il la félicita.
La semaine dernière, Mlle Juliette Folville, accompagnée de sa mère, excellente musicienne, et de son père, avocat à Liège, revenait à Paris et se faisait entendre dans un concert public, salle Pleyel, avec un orchestre de choix conduit magistralement par M. Colonne.
On attendait beaucoup de la jeune musicienne belge, dont quelques journaux avaient proclamé les facultés multiples et exceptionnelles après le succès de la première soirée particulière. On avait même dit – et cela est vrai – quel Mlle Folville écrit de très jolis vers et que ses études musicales, poussées à fond dans l’art de la composition, l’étude du piano et celle du violon, lui avaient néanmoins laissé le temps de s’assimiler les connaissances élémentaires en toutes choses, qui constituent ce qu’on appelle une bonne instruction et d’apprendre à parler et à écrire en quatre langues.
Eh bien, dans ce concert public, Mlle Folville a tenu plus encore qu’elle ne promettait. Ses progrès extraordinaires accomplis depuis plusieurs mois en ont fait une virtuose de premier ordre sur ses deux instruments. Elle a exécuté le beau concerto si génial de Litolff, si bien écrit pour le piano, si rempli d’intérêt à l’orchestre et si mélodieux (le 4e), comme on ne saurait le mieux jouer. Quelle jolie qualité de son, quelle précision dans l’attaque et quel charme partout ! Dans le concerto romantique pour violon de Benjamin Godard, elle ne s’est pas montrée inférieure à la virtuose pianiste et l’impression a été profonde, surtout dans l’adagio de cette belle œuvre d’une si poétique originalité. Est-il besoin d’ajouter que la salle entière a acclamé Mlle Folville ?
Outre plusieurs mélodies chantées avec beaucoup de goût et de succès par M. Bosquin, de l’Opéra, et une jeune et très sympathique cantatrice, Mlle Duet, Mlle Folville a fait entendre, de sa composition, deux suites d’orchestre, les Scènes champêtres et les Scènes de la mer, et des extraits d’une symphonie avec chœurs, poésie de Paul Collin.
Je connais peu de chose en musique – le cadre de ces suites étant donné – qui soit plus doux à l’oreille et plus parlant au cœur que la Rêverie des scènes champêtres. La Mer phosphorescente avec une partie de piano est du plus heureux effet et tout à fait original. Ces deux pièces ont mérité les bonheurs du bis. On m’assure que M. Colonne, à l’issue du concert, a engagé Mlle Folville pour l’une de ses séances de la saison prochaine. »
Oscar Comettant, « Revue musicale »
Le Ménestrel, 21 juillet 1889
«Dans quelques jours, un autre concours, d’un genre différent, va s’ouvrir ici : le grand concours biennal de composition musicale (prix de Rome). Cette année, là aussi, particularité peu commune, extraordinaire même, une jeune fille se présente pour disputer la part aux concurrents mâles. Cette jeune fille n’est pas une inconnue dans le monde musical parisien ; elle a nom Mlle Juliette Folville, et elle est élève du même Théodore Radoux, déjà nommé. Cela a suffi, dès à présent, pour mettre sens dessus dessous la grave Académie qui règle le concours et à qui notification de l’intention de Mlle Folville a dû être faite. Le règlement permet-il d’admettre une jeune femme à concourir ? Grave question, que les doctes académiciens, consultés par le ministre, ont été plusieurs heures à débattre et qu’ils ont fini par résoudre affirmativement, – faute de textes exprimant… le contraire. Mais l’incident ne s’est pas borné là. On sait que les concurrents pour le prix de Rome sont, pendant tout le temps que dure leur travail, gardés au secret, en loge, séparés de tout être humain, excepté pendant les repas qui ont lieu en commun, sous la surveillance attentive de gardiens sévères. Or, Mlle Folville a demandé au ministre de pouvoir se faire accompagner dans sa captivité de sa mère, — alléguant qu’elle est souffrante et qu’elle a besoin de soins particuliers, et que, en outre, il n’est pas convenable qu’une jeune fille soit abandonnée seule, avec la perspective périlleuse de la société de jeunes gens aux heures du déjeuner et du dîner. Là-dessus, nouvelle émotion et nouvelle consultation à l’Académie, mais cette fois refus formel d’accorder à Mlle Folville un privilège qui la mette dans une situation plus favorable que celle des autres concurrents… Ah ! messieurs les immortels, vous n’êtes pas galants !
Et maintenant, Mlle Folville se résignera-t-elle ? Concourra-t-elle ou ne concourra-t-elle pas ? Je l’ignore, – et je souhaite que oui de tout mon cœur. Si l’incident a pu laisser quelque amertume dans son âme, puisse son succès la dissiper bien vite et lui faire tout oublier dans une franche et généreuse réconciliation. Les académiciens sont bons garçons… « Embrassons-nous, Folville ! » […] »
Lucien Solvay, « Correspondance de Belgique »
Revue du Nord de la France, 15 mars 1892
« — Notre correspondant de Lille nous écrit :
Le grand théâtre à Lille faisait, le 8 mars, œuvre de décentralisation. Il donnait la première représentation d’Atala grand opéra inédit, en deux actes, de Mlle Juliette Folville, jeune compositeur de 22 ans que nous avons déjà pu apprécier comme pianiste et violoniste de talent.
Mlle Folville est Liégeoise ; en 1887, elle remportant le 1er prix de fugue au conservatoire de Liège ; elle a déjà écrit de nombreuses pièces pour violon, pour piano et quelques recueils de mélodies. Ses œuvres les plus importantes sont : trois Suites d’orchestre exécutées à la salle Pleyel en mai 1887 par l’orchestre Colonne ; – un chant de Noël pour chœur et orchestre exécuté dans la cathédrale à Liège ; son opéra : Atala, et une scène dramatique pour soprano et chœur : Eva, qui sera donnée à Lille le 26 mars.
Sur un livret en fort beaux vers, tiré par M. Paul Colin du roman de Châteaubriand, Mlle J. Folville a écrit une partition savante et claire bien que l’on remarque dans quelques passages, une certaine inexpérience de la scène. Mlle Folville n’est pas une novatrice ; elle a conservé et nous devons l’en louer, les airs, les duos, les ensembles. L’orchestre, dont elle a une connaissance approfondie, reste l’accompagnateur, le commentateur, rappelant les principaux motifs très ingénieusement. Dans Atala, les chœurs sont remarquablement traités, mais d’une exécution peu facile. L’orchestration, très travaillée, se lit facilement, car Mlle Folville a sérieusement étudié et sait ce que l’on peut demander à chaque instrument.
La jeune compositeur a obtenu un très beau succès, secondé par la remarquable interprétation de Mme Barety (Atala) M. Cornubert (Chactas) et M. Degrave (le Père Aubry).
Mlle Folville a dirigé ; elle avait bien son orchestre dans la main; son rythme était ferme et précis. Atala est la première œuvre lyrique de cette jeune fille, qui s’est affirmée compositeur de talent et prendra bientôt rang parmi les maîtres modernes. »
A. G.
Le Soir, 30 juillet 1892
«Hier soir, on s’écrasait littéralement pour entendre – great attraction – Mlle Juliette Folville, la jeune prodige qui joue du piano et du violon, qui compose des opéras et qui dirige elle-même l’orchestre. Tout cela comme un ange, naturellement.
Mlle Folville est liégeoise. Elle est élève du Conservatoire de Liège et, pour la composition, de MM. Th. Radoux et Massenet. On se rappelle qu’elle voulut prendre part, l’an dernier, au concours pour le prix de Rome, mais qu’elle se retira parce que les académiciens n’avaient pas cru pouvoir l’autoriser de se faire accompagner d’une bonne, dans la solitude réglementaire des loges.
Ce n’est pas la première fois qu’on entendait Mlle Folville. Elle donna, il y a deux ans, au Cercle artistique, une séance musicale, où elle fut très applaudie.
Depuis lors, elle a fait des progrès, et elle est en train de rudement prêcher – d’exemple – pour l’émancipation de ses sœurs.
Elle a joué, hier, sur le violon, très honorablement, un bien exécrable Caprice de Musin, et d’assez maussades œuvrettes de Cui. Elle a joué, mieux encore, sur le piano, un fragment du beau concerto de Litolff. Et c’est comme pianiste qu’on l’a surtout applaudie et qu’elle a prouvé qu’elle avait un réel talent.
Ses compositions symphoniques, tirées de son opéra Atala, se ressentent beaucoup de l’école de Massenet. Mais elles sont joliment orchestrées, très gracieuses, dans une note, sinon personnelle, du moins très délicate. Elle les a dirigées elle-même, d’un poignet solide, avec crânerie. Quand M. Léon Dubois lui a cédé son bâton de chef, il y a eu un moment de vive émotion. On eût dit le sexe fort abdiquant sa puissance entre les mains du sexe qui s’était contenté jusqu’à présent de régner par ses charmes. Et quand on a vu cette jeune femme conduire cette phalange d’hommes et les faire marcher… à la baguette, il n’y avait pas à dire, nous nous sommes tous sentis vaincus.
Inutile d’ajouter que l’on a fait à Mlle Folville un grand succès. On le lui aurait fait par pure galanterie ; mais, en femme bien avisée, elle a eu la coquetterie de savoir encore le mériter. »
Anon., « Le Waux-Hall »
Le Guide Musical, 5 janvier 1908
« Très intéressante, l’audition musicale d’œuvres de femmes compositrices belges donnée le samedi 28 décembre, à l’Exposition d’art appliqué. La séance a débuté par une sonate pour piano et violon de Mme H. Vanden Boorn-Coclet, œuvre qui contient de très bonnes pages – les thèmes du premier et du quatrième mouvement sont notamment bien développés – et que Mlle Kutten, violoniste, interpréta imparfaitement. Quoique en possession d’excellentes qualités, Mlle Kutten n’est pas encore une artiste accomplie, son jeu manque de souplesse. La partie de piano fut supérieurement exécutée par l’auteur. Mlle Rollet, cantatrice à la voix pure, expressive, très jolie, a chanté avec une très bonne diction deux intéressantes mélodies de Mlle Berthe Busine, lauréate du dernier concours de Rome, et une mélodie très émue de Mme Vanderstaepelen. Mme Juliette Folville, professeur au Conservatoire royal de Liège, compositrice et pianiste, a été ovationnée après l’exécution de quelques-unes de ses œuvres : d’un prélude dont le canon est très intéressant, d’une étude en forme de caprice intitulée Mer phosphorescente, et d’une danse rustique. Trois mélodies chantées par Mlle Reine Davanzi ont eu moins de succès ; la cantatrice avait la voix mal assurée. Le concert s’est terminé par un Concertstück pour piano et violoncelle de Mme Juliette Folville, interprété par l’auteur et Mme Boin-Kufferath, violoncelliste de talent. »
M.B., « La semaine. Bruxelles »
La Wallonie, 2 février 1935
« Aux Amis de l’Art Wallon. Audition d’œuvres de Mlle Juliette Folville.
Jeudi soir, en la salle académique de l’Université, les Amis de l’Art Wallon nous convièrent à une audition d’œuvres de Mlle Juliette Folville.
Nous avons éprouvé un plaisir extrême à entendre l’exécution des œuvres inscrites au programme, mais aussi à constater le grand enthousiasme du nombreux public qui donné à la brillante artiste liégeoise un éloquent témoignage de respect et d’admiration. La musique de Mlle Folville est du plus pur romantisme. Elle est descriptive, sentimentale, passionnée ou profondément religieuse, toujours bellement inspirée et d’une facture très distinguée.
Le programme comportait : « Les Bergers à la Crèche », pastorale, en première audition. Œuvre de foi naïve, dans laquelle nous avons reconnu l’influence de César Franck. C’est dire avec quel bon goût, quelle noblesse de pensée et de sentiment cette Pastorale fut écrite. Un groupe de jeunes filles, aux voix fraiches, accompagnées par un petit orchestre à cordes et flûte, Mlle Folville tenant la partie de piano, nous laissa une excellente impression. À signaler, les « solos » de Mlles Anna Defize, soprano, et Gilberte Hermesse, contralto. M. Jean Quitin dirigea cette œuvre avec beaucoup de talent.
Mlle Jeanne Schouterden, interpréta avec intelligence, avec goût, une série de mélodies « Vers l’exil », « Songe », « Attente », « Ne dis pas », « Prière à la Virege », « L’Étoile de Bethléem ». Mlle Schouterden fut très applaudie.
Mlle Juliette Folville interpréta une série de jolis petits morceaux de piano qui devraient être au répertoire de nos jeunes pianistes : « Prélude », « Mer phosphorescente », « Sous l’ondée » et « Au bord de l’Ourthe ». Avec quelle technique, quelle musicalité, la brillante pianiste interpréta ces œuvres. Ce fut un étonnement, un émerveillement. Mlle Folville fut acclamée d’enthousiasme.
Le « Triptyque » pour violon et piano, donné en première audition, nous plût beaucoup par tout ce qu’il contient de vie, de foi, d’intense émotion. Son dynamisme extraordinaire, ses évocations, sa facture distinguée en font une œuvre importante qui, croyons-nous, restera. L’interprétation fut remarquable, du fait de la présence de deux artistes qui atteignent les sommets : Mlle Folville, de l’art pianistique, Maurice Raskin, de celui du violon. On acclama sans fin les deux brillants interprètes. Mlle Folville fut l’objet d’une manifestation vraiment touchante. Des fleurs lui furent offertes et de nombreuses mains se tendirent, qui exprimèrent l’affection des cœurs admiratifs.
Voilà une séance qui fait honneur à l’art musical liégeois et aux Amis de l’Art Wallon. »
J. Dumoulin, « La Musique »
DISCOGRAPHIE
VIDÉOS
CATALOGUE
ŒUVRES SYMPHONIQUES
Scènes champêtres. Première Suite d’orchestre op. 8/9
Effectif : orchestre
Date de composition : 1885
Création : 19 décembre 1885 – Conservatoire royal de Liège (Remise des prix du Conservatoire) – Jean-Théodore Radoux (direction), Orchestre du Conservatoire
Manuscrit : Bibliothèque nationale de France (consulter la partition : exemplaire n°1 et exemplaire n°2)
Remarque : une réduction pour piano est conservée à la Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Scènes de la mer op. 14
Effectif : orchestre
Date de composition : septembre-décembre 1886
Création : 31 mars 1887 – Aix-la-Chapelle, Kurhaus – Orchestre du Kurhaus
Manuscrit : Bibliothèque nationale de France (consulter la partition)
Remarque : le 3e mouvement – « Mer phosphorescente » – peut être interprété comme œuvre à part entière dans sa version pour piano
Scènes d’hiver. Troisième Suite d’orchestre op. 17
Effectif : orchestre
Date de composition : novembre 1887
Manuscrit : Bibliothèque nationale de France (consulter la partition)
Remarque : texte de Victor Hugo, arrangé par Juliette Folville
Oceano Nox. Esquisse symphonique
Effectif : orchestre
Date de composition : ca. 1891
Remarque : perdu
Concertstück pour orchestre
Effectif : orchestre
Date de composition : ca. 1899
Remarque : perdu
Impressions d’Ardenne
Effectif : orchestre
Date de composition : 1910
Création : 26 janvier 1932 – Conservatoire royal de Liège – François Rasse (direction), orchestre du Conservatoire
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Remarque : Les mouvements 1 et 2 existent en version piano dans En Ardenne
Audio : enregistrement live par le Women’s Philharmonic (2001)
ŒUVRES CONCERTANTES
Concerto pour violon en sol bémol majeur op. 20
Effectif : violon solo & orchestre
Date de composition : 1888
Création : 13 octobre 1888 – Aix-la-Chapelle, Kurhaus – Juliette Folville (violon), orchestre du Kurhaus
Manuscrit : Bibliothèque nationale de France (consulter la partition)
Concerto pour piano en ré mineur
Effectif : piano solo & orchestre
Date de composition : 1902-1903
Création : 1904 – Conservatoire royal de Liège (audition annuelle pour les compositeurs de l’école) – Juliette Folville (piano), Jean-Théodore Radoux (direction), orchestre du Conservatoire
Édition : version pour deux pianos – Bruxelles, Breitkopf & Härtel, s.d.
Remarque : seule la partition pour deux pianos semble subsister
Concertstück pour violoncelle
Effectif : violoncelle solo & orchestre
Date de composition : 1905
Création : 25 août 1905 – Conservatoire royal de Liège – Maurice Dambois (violoncelle), Juliette Folville (direction), orchestre du Conservatoire
Édition : version violoncelle & piano –Bruxelles, Breitkopf & Härtel, s.d.
version orchestrale – Palazetto Bru Zane (à venir)
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Audio : Palazetto Bru Zane (à venir)
Triptyque pour violon et orchestre
Effectif : violon & orchestre
Date de composition : ca. 1935
Création : 31 janvier 1935 – Liège, Amis de l’Art Wallon – Maurice Raskin (violon), Juliette Folville (direction), orchestre des Amis de l’Art Wallon
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Remarque : seule la réduction pour piano semble subsister
PIANO
Souvenir de Mozart. Première Sonatine pour la Piano op. 7
Date de composition : 1881
Création : 13 mars 1882 – Liège, Société royale La Légia – Juliette Folville (piano)
Édition : Liège, Veuve Léopold Muraille, juin 1881
Souvenir de Mozart. Seconde Sonate pour le Piano op. 11
Date de composition : 1882
Édition : Liège, Veuve Léopold Muraille, juillet 1882
Mer phosphorescente
Date de composition : 1886
Remarque : réduction pour piano du 3e mouvement des Scènes de la mer
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Deux pièces pour piano op. 25
Date de composition : [1889-1890]
Édition : Liège, Veuve Léopold Muraille, s.d.
Remarque : Le « Prélude » apparaît comme pièce pour violon dans Kaléidoscope de César Cui.
En Ardenne. Esquisses pour piano
Date de composition : ca. 1910
Édition : Bruxelles, Breitkopf & Härtel, 1911
Remarque : Les no 1 et 3 sont orchestrés dans Impressions d’Ardenne (1910)
Pièces brèves pour piano
Date de composition : [1912]
Édition : Paris, Édition Maurice Sénart & Cie, «La musique contemporaine. Anthologie d’Œuvres Vocales et Instrumentales choisies parmi les meilleurs Maîtres. Piano », 1913
ORGUE
Offertoire pour Grand Orgue sur le thème du Lauda Sion
Date de composition : 1896
Création : septembre 1896 – Église St Christophe, Liège – Juliette Folville
Édition : Liège, Veuve Léopold Muraille, « Répertoire de l’organiste », no 83
Durée : 3’30
Audio : YouTube
Communion
Date de composition : s.d.
Création :
Édition : Paris, Senart, Roudanez & Cie., 1912, « Maîtres contemporains de l’orgue », Vol.3
Durée : 2’00
Audio : Spotify
Verset (sur le thème du Tantum, 6e ton)
Date de composition : s.d.
Édition : Paris, Senart, Roudanez & Cie., 1912, « Maîtres contemporains de l’orgue », Vol.3
Durée : 2’30
Audio : YouTube
Élévation
Durée : 3’30
Audio : YouTube
VIOLON
Six pièces ou bagatelles pour violon
Date de composition : avant décembre 1894
Remarque : perdues
Premier quatuor pour piano op. 9
Effectif : piano, violon, alto, violoncelle
Date de composition : 29 mai 1885
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (B-Lc 321 et Fonds Folville) – Seules les parties séparées sont complètes
Berceuse pour violon et piano op. 24
Effectif : violon & piano
Date de composition : 1890
Édition : Paris, Alphonse Leduc, 1890
Poème pour violoncelle et piano (ou orchestre)
Effectif : violoncelle & piano
Date de composition : ca. 1908-1909
Création : version piano – 26 janvier 1932 – Conservatoire royal de Liège – Juliette Folville (piano)
Édition : Bruxelles, Breitkopf & Härtel, 1910
Durée : 10'
Remarque : version orchestrale semble perdue [inexistante ?]
Mazurka pour violon et piano
Effectif : violon & piano
Date de composition : [1910]
Édition : Bruxelles, Breitkopf & Härtel, 1910
Chanson russe
Effectif : violon & piano
Date de composition : s.d.
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (B-Lc 3410)
Berceuse pour violoncelle, avec accompagnement de quatuor
Effectif : violoncelle solo, deux violons, alto, violoncelle
Date de composition : s.d.
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (B-Lc 312)
MÉLODIES
Chants printaniers. Premier recueil
Effectif : voix & piano
Date de composition : 1883
Édition : Liège, Veuve Léopold Muraille, 1883
Chants printaniers. Second recueil
Effectif : voix & piano
Date de composition : 1884
Édition : Liège, Veuve Léopold Muraille, 1884
La Charité
Effectif : voix, violon & piano
Date de composition : avant mai 1885
Remarque : perdue
Berceuse, op. 12
Effectif : voix & piano
Date de composition : novembre 1885
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
S’il est un charmant gazon
Effectif : voix & piano
Date de composition : [1885]
Édition : Rouen, Klein & Cie, 1895
Aubade
Effectif : voix & piano
Date de composition : [avant décembre 1886]
Remarque : perdue
Nouvelle Chanson
Effectif : voix & piano
Date de composition : [avant décembre 1886]
Remarque : perdue
Mélodies
Effectif : voix & piano
Date de composition : ca. 1887
Remarque : perdues
Rappelle-toi !
Effectif : voix, violon & piano
Date de composition : [avant août 1890]
Édition : Liège, Veuve Léopold Muraille, s.d.
Durée : 4’45
Audio : Spotify
Berceuse pour violon et piano op. 24
Effectif : violon & piano
Date de composition : 1890
Édition : Paris, Alphonse Leduc, 1890
Trois mélodies
Effectif : voix & piano
Date de composition : 1890-1892
Édition : Paris, Durdilly, 1893
Durée : II. « Songe », 2’30
Audio : II. « Songe », Spotify
Marguerite
Effectif : voix & accompagnement indéterminé
Date de composition : mars 1893
Remarque : perdue
Salve Regina
Effecitf : voix & accompagnement indéterminé
Date de composition : ca. juillet 1893
Remarque : perdue
La Vie
Effectif : voix & piano
Date de composition : ca. octobre 1893
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Remarque : texte de Juliette Folville
Bluettes
Effectif : voix et accompagnement indéterminé
Date de composition : [avant mai 1899]
Remarque : perdues
Recordare
Effectif : voix & violon
Date de composition : mars 1911
Remarque : perdue
Vers l’exil
Effectif : voix & piano
Date de composition : [avant septembre 1915]
Remarque : perdue
L’Étoile de Bethléem
Effectif : voix & piano
Date de composition : [avant février 1935]
Remarque : perdue
Trois mélodies
Effectif : voix & piano
Date de composition : 1935
Création : 31 janvier 1935 – Liège – Juliette Folville (piano), Jeanne Schouterden (voix)
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Remarque : seul le no 1 « Ne dis pas » semble subsister
O Cor summa benignitas
Effectif : voix & accompagnement indéterminé
Date de composition : inconnue
Remarque : perdue
MUSIQUE CHORALE
Hodie, Christus natus est
Effectif : chœur de femmes a capella
Date de composition : hiver 1886
Création : noël 1886 – Liège, Cathédrale Saint-Paul
Manuscrit : seconde version (pour Jupille-sur-Meuse) – Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Ewa, Légende Norwégienne. Cantate pour soli, chœurs et accompagnement d’orchestre
Effectif : voix solo, chœurs & piano/orchestre
Date de composition : ca. 1889
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville) – Partition incomplète
Remarque : seule la version pour piano semble subsister
O bona Crux ! Motet à 3 voix seules
Effectif : 3 voix a capella
Date de composition : 1900/1933
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
L’Aube de Pâques
Effectif : récitant, chœur de femmes, harpe, grand orgue & orchestre à cordes
Date de composition : [avant 1932]
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse / 26 janvier 1932 – Conservatoire royal de Liège – François Rasse (direction), orchestre du Conservatoire
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Hymne au Sacré-Cœur
Effectif : voix & orgue
Date de composition : ca. 1933
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse
Édition : Liège, Maison Brahy, 1933
Les Bergers à la Crèche. Pastorale sur un Poême de Mgr Henri-Laurent Janssens
Effectif : chœur de femmes, flûte, violon, alto, violoncelle & piano
Date de composition : décembre 1933-janvier 1934
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse / 31 janvier 1935 – Amis de l’Art Wallon – Juliette Folville (direction), orchestre des Amis de l’Art Wallon
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Hymne au Saint Esprit (Séquence d’Adam et Saint Victor)
Effectif : chœur à 3 voix & piano
Date de composition : 10 mai 1937
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Adoro Te (Salut n°III)
Effectif : 3 voix égales a capella
Date de composition : 3 décembre 1939
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Messe
Effectif : chœur SAB & orgue
Date de composition : 1944 (Kyrie, Gloria) - 1945 (Sanctus, Agnus Dei)
Création (partielle) : 6 août 1944 – Grande Chapelle de St Stapin
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire de Liège (B-Lc 7132) – Les premières pages de l’Agnus Dei sont manquantes
Cantique n°3 en forme de Pastorale, inspiré du Psaume 22 « Dominus regit me »
Effectif : voix & piano
Date de composition : [ca. 1932-1940]
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse
Remarque : seul le no 3 « Le Bon Pasteur » subsiste
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Chants spirituels
Effectif : voix a capella (effectifs multiples)
Date de composition : s.d.
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse
Remarque : seul subsiste le no 1 « Prière d’Élisabeth de la Trinité »
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
Magnificat
Effectif : chœur de femmes a capella/accompagnement d’orgue
Date de composition : s.d.
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire de Liège (Fonds Folville)
Hymne à Saint Lambert
Effectif : 2 voix, orgue & piano
Date de composition : s.d.
Édition : Liège, Veuve Léopold Muraille, s.d.
Psaume 22
Effectif : 2 voix & piano
Date de composition : s.d.
Création : Abbaye de Jupille-sur-Meuse
Manuscrit : Bibliothèque du Conservatoire royal de Liège (Fonds Folville)
MUSIQUE DE SCÈNE
Noce au Village op. 13
Effectif : voix solistes, chœur & orchestre
Date de composition : mai-juin 1886
Création : 22 décembre 1886 – Conservatoire royal de Liège – Jean-Théodore Radoux (direction), orchestre et chœurs du Conservatoire
Manuscrit : Bibliothèque nationale de France (consulter la partition : exemplaire n°1 et exemplaire n°2)
Atala. Drame lyrique en deux actes
Effectif : voix solistes, chœurs & orchestre
Date de composition : 1890-1891
Création : 3 mars 1892 – Grand Théâtre de Lille – Henriette Baréty (Atala), Pierre Cornubert (Chactas), M. Degrave (Père Aubry), M. Borie (Simaghan), Juliette Folville (direction), orchestre et chœurs du Grand Théâtre
Édition : réduction chant-piano – Liège, Veuve Muraille/Édition Payne, 1894
Manuscrit : partition orchestrale – Houghton Library, Harvard University (consulter la partition)
Jean de Chimay
Effectif : voix solistes, chœurs & orchestre
Date de composition : ca. 1895
Remarque : inachevé / perdu
CITER CETTE FICHE
Cité des Compositrices. Fauve Bougard, Juliette Folville, 4 février 2026.











